Adrien Arcand:  Biographical Sketch

 

Adrien Arcand:  Biographical Sketch

Adrien Arcand : Esquisse biographique


Exclusive English Translation for Adrien Arcand Books, from Section 1 of Adrien Arcand devant le tribunal de l’histoire : Scandale à la société Radio-Canada (Scandal at CBC Radio-Canada) circa 1983 by Arcand’s then still existing National Unity Party of Canada.

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Adrien Arcand devant le Tribunal de L’Histoire : Scandale à la société Radio-Canada

Adrien Arcand before the Court of History:  Scandal at CBC Radio-Canada

Adrien Arcand naquit â Montréal, paroisse de l’Immaculée-Conception, le 3 octobre 1899.  Son père, Narcisse Arcand, originaire de Saint-Joseph-de-Deschambault (Portneuf), était charpentier et s’occupa d’organisation syndicale.  Sa mère, Marie-Anne Mathieu, avait vu le jour à Sainte-Marie-de-Beauce, et s’illustra comme directrice d’école, organiste et maîtresse de chapelle.

Adrien Arcand was born at Montreal, in the Parish of the Immaculate Conception on October 3rd, 1899.  His father, Narcisse Arcand, originally from Saint-Joseph-de-Deschambault (Portneuf), was a carpenter involved in trade union organizing.  His mother, Marie-Anne Mathieu, came into the world at Sainte-Marie-de-Beauce and made her name as a school directress, organist and mistress of the chapel.

Cette famille ouvrière compta douze enfants, dont Adrien fut le quatrième.  Rendant hommage à ses parents, M. Arcand écrira :  “Je dois à une mère excessivement intelligente et foncièrement chrétienne des principes que je trouve excellents et un goût particulier pour écrire ce que je pense ; à un père énergique et très courageux, un amour du travail qui fut mon plus bel héritage et une certaine crânerie que les uns louent et les autres blâment (Biographies canadiennes-française, Montréal, 1930, p. 340)

This worker family had twelve children, Adrien being the fourth.  In honor of his parents, Mr. Arcand wrote:  “I owe to my highly intelligent and deeply Christian mother principles that I find excellent, and a special taste for writing what I think; to an energetic and quite courageous father, a love of work which has been my best heritage and a measure of fighting spirit that some admire and others fault.”  (Biographies canadiennes-française, Montréal, 1930, p. 340)

Adrien Arcand fut élève à l’école Saint-Stanislas.  Il fit ses études secondaires au Collège de Saint-Jean et au Collège de Montréal (conventum 1919).  Il commença sa philosophie au Collège Sainte-Marie tout en suivant, le soir, les leçons de l’ingénieur Paul DeGuise, au laboratoire des Produits Forestiers (attaché à l’Université McGill).  Le jeune Adrien désirait devenir ingénieur chimiste.

Adrien Arcand was a student at Saint Stanislaus school.  He did his secondary studies at Collège de Saint-Jean and at Collège de Montréal (graduating in 1919).  He began his philosophy at Collège Sainte-Marie while studying evenings with the engineer Paul DeGuise, at the Forest Products laboratory (attached to McGill University).  The young Adrien wanted to become a chemical engineer.

Malheureusement, ce projet de carrière scientifique fut brisé par la maladie.  En effet, une épidémie de grippe espagnole frappa le Canada à cette

Unhappily, this scientific career plan was destroyed by illness.  An epidemic of the Spanish influenza hit Canada at this

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époque, et Adrien Arcand fut cloué au lit pendant neuf mois.  Il aurait pu y perdre la vie, car l’épidémie fit 43000 morts au Canada, 13000 au Québec et 3000 à Montréal (sur 30000 cas enregistrés dans la métropole canadienne).

time, and Adrien Arcand was confined to bed for nine months.  He could have lost his life, for the epidemic left 43,000 dead in Canada:  13,000 in Quebec and 3,000 in Montreal (out of 30,000 recorded cases in the Canadian metropolis).

A compter de 1920, il gagna sa vie comme Journaliste, à La Patrie (quotidien), à La Presse et au Montréal Star — puisqu’il maîtrisait l’anglais aussi bien que sa langue maternelle.  En 1923, il fut l’un des fondateurs, et vice-président, de la Société des Auteurs canadiens-français.

As of 1920, he earned his living as a Journalist, at La Patrie (a daily), at La Presse and at the Montreal Star — mastering English as well as his mother tongue.  In 1923, he was one of the founders, and vice-president, of the Society of French-Canadian Authors.

Après instruction réglementaire, il obtint en 1924 le grade de lieutenant dans la Milice Royale du Canada, au régiment de Châteauguay, dont il dessina l’écusson officiel avec son frère, le Major Louis-Georges Arcand.

In 1924, after basic training, he obtained the rank of Lieutenant in the Royal Canadian Militia with the Châteauguay regiment, whose official emblem he designed with his brother, Major Louis-Georges Arcand.

Le 14 avril 1925, il épousa Yvonne Giguère, de Québec.  Ils eurent trois fils :  Yves-Adrien, Jean-Louis et Pierre.

On April 14, 1925, he married Yvonne Giguère of Quebec City.  They had three sons:  Yves-Adrien, Jean-Louis and Pierre.

Tenant l’emploi de chroniqueur judiciaire et théâtral à La Presse, M. Arcand fonda le Syndicat Catholique des Journalistes de Montréal, dont il assuma la présidence.  La direction du quotidien ne vit pas cette affaire d’un bon oeil et entreprit d’anéantir le syndicat.  Voyons comment M. Joseph Bourdon, vétéran de la profession, raconte ces événements de 1929 :

While employed as a legal and theatrical columnist at La Presse, Mr. Arcand founded the Union of Catholic Journalists of Montreal, assuming its presidency.  Management of the daily looked askance on the matter and moved to annihilate the union.  Mr. Joseph Bourdon, a veteran in the profession, tells the story of the events of 1929 as follows:

“(…) Sans avoir vécu dans l’intimité de M. Arcand durant des années, il fut un certain temps où nous nous voyions, nous nous entretenions quotidiennement. Et, j’ai toujours apprécié ses grandes qualités de coeur et d’esprit.  C’était un honnête homme.  Et je peux vous citer un autre fait …  Il avait été congédié de La Presse avec Hervé Gagné (…).  Or, Hervé Gagné et Adrien Arcand veulent organiser un syndicat de journalistes à La Presse et sont mis à pied, parce qu’ils refusent de signer un document disant qu’ils ne font pas partie du syndicat.  Mais Adrien Arcand et Hervé Gagné disent à

(…) Not having lived in proximity to Mr. Arcand in those years, there was a period when we saw one another, when we talked together daily.  And I always appreciated his great qualities of heart and spirit.  He was an honest man.  And I can cite another fact for you: … He had been fired from La Presse along with Hervé Gagné (…).  Now, Hervé Gagné and Adrien Arcand wanted to organize a journalists’ union at La Presse and were fired because they refused to sign a document stating that they would not take part in a union.  But Adrien Arcand and Hervé Gagné told

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leurs confrères :  “Signez-le, le papier, et ne quittez pas …  Vous n’avez pas les moyens de quitter vos emplois !”  Ça démontre un peu le coeur qu’avait Adrien Arcand :  il ne voulait pas que les gens se retrouvent dans la rue à cause de lui »  Parce qu’à ce moment-là le syndicalisme n’était pas tellement fort.”  (“C’était un honnête homme, c’était un grand chrétien!”, Serviam, 7-8/1982, p. 9)

their colleagues:  “Sign it, sign the paper, and don’t leave … you don’t have the means to leave your jobs!”  That shows, a little, the heart that Adrien Arcand had:  he didn’t want people to find themselves in the street because of him.  Because at that time, trade unionism wasn’t very strong.”  (“He was an honest man, he was a great Christian!”  Serviam, 7-8/1982, p. 9)

M. Bourdon explique ensuite que M. Oswald Mayrand fut accusé à tort, en 1955 (et par un syndica­liste), d’avoir causé la perte du Syndicat Catholi­que des Journalistes :

Mr. Bourdon then explains that Mr. Oswald Mayrand was falsely accused, in 1955 (and by a trade unionist), of having caused the loss of the Union of Catholic Journalists :

“Alors Adrien Arcand a eu connaissance de ça et il a écrit une longue lettre à M. Mayrand pour lui dire que c’était faux, que c’était de la calomnie, tout ce qu’on venait d’écrire sur lui, que jamais il n’avait contribué ou à la destruction du syndicat ou à sa mise à pied à lui.&nbps; Et il lui dit :  c’est monsieur Untel — il nomme le personnage — qui était un fiduciaire de La Presse, qui avait tout manigancé ça, qui avait exigé les signatures et tout ça, alors que M. Mayrand, lui, avait tout bonnement suivi les directives, n’avait rien fait pour empêcher la formation d’un syndicat.  Alors là on reconnaît bien Adrien Arcand, son esprit de justice.”

“Then Adrien Arcand got wind of it and he wrote a long letter to Mr. Mayrand to tell him that this was untrue, that all that had just been written about him was defamatory, that he had never contributed to the destruction of the Union or to his [Arcand’s] firing.  And he told him, it’s Mr. So-and-So — he named the person — who was a trustee of La Presse, who engineered all that, who required the signatures and all, while Mr. Mayrand had only quite correctly followed orders, had never done anything to prevent the formation of a union.  So, here we clearly recognize Adrien Arcand, his spirit of justice.”

Congédié par La Presse après une dizaine d’an­nées de loyaux services, réduit à ne compter que sur son travail et son talent, Adrien Arcand lance un hebdomadaire humoristique et polémique, Le Goglu, dont le premier numéro paraît le 8 août 1929, et dont il rédige la presque totalité du contenu en signant “Emile Goglu”.

Fired by La Presse after a dozen years of loyal service, reduced to counting on nothing but his talent and his work, Adrien Arcand launched a humorous and controversial weekly, Le Goglu, whose first issue appeared on August 8th, 1929, almost the whole content of which he wrote, signing “Emile Goglu”.

Le succès de ce journal est foudroyant.  Il atteint très vite le tirage phénoménal de 65 000 exemplaires vendus.  On se l’arrache dans les vil­lages les plus reculés.  Des gens âgés, pour qui le nom d’Adrien Arcand n’évoque rien, se souviennent quand même, avec enthousiasme, du Goglu.

The success of the paper was mind-boggling.  It quickly achieved the phenomenal print-run of 65,000 copies sold.  It was snatched up in the most remote villages.  Old folks, for whom the name of Adrien Arcand means nothing, nonetheless remember the Goglu with enthusiasm.

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D’inspiration conservatrice, Le Goglu ne ménage guère les pontes du régime libéral corrompu d’Alexandre Taschereau.  Ses pages sont ornées de caricatures percutantes qui réjouissent le public.  Ce ne sera pas le cas des adversaires du journal, qui, à la veille des élections du 24 août 1931, profitent d’un dimanche matin pour aller saccager et incendier l’atelier qui l’imprimait.

Conservative in orientation, the Goglu hardly feathered the nest of Alexander Taschereau’s corrupt Liberal regime.  Its pages were ornamented with sizzling caricatures which thrilled the public.  But not the paper’s adversaries, who, on the Sunday morning before the elections of August 24th 1931, sacked and burned the press and workshop that produced it.

Entretemps, Adrien Arcand s’est engagé dans la bataille contre la création d’un système scolaire Israélite, disposant d’un comité confessionnel au sein du Conseil de l’Instruction Publique.  Il s’agit d’un projet de loi déposé par le Secrétaire de la Province, Athanase David, sous l’attention zélée des députés libéraux Cohen et Bercovitch.

Meanwhile, Adrien Arcand engaged in battle against the creation of a Jewish school system with a confessional committee inside the Council of Public Instruction.  At issue was a bill tabled by the Provincial Secretary, Athanase David, under the zealous care of MLAs Cohen and Bercovitch.

Mgr Georges Gauthier, archevêque co-adjuteur de Montréal, avait dénoncé sans équivoque ce pro­jet, à l’Oratoire Saint-Joseph.  Il demanda expres­sément à M. Arcand d’alarmer ses lecteurs sur ce péril, ce qu’il fit (ce fait est confirmé au tome xxxi de l’Histoire de la Province de Québec de Ro­bert Rumilly, p. 176).

Monsignor Georges Gauthier, Archbishop Coadjutor of Montreal, had unequivocally denounced the bill, in Saint Joseph’s Oratory.  He expressly asked Mr. Arcand to alarm his readers on this danger, which he did (this fact is confirmed in tome xxi of (translation:  History of the Province of Quebec by Robert Rumilly, p. 176).

Suite à cette prise de position, M. Arcand vit affluer dans son courrier une abondante correspon­dance, dont plusieurs documentts provenant de l’étranger, notamment de Grande-Bretagne.  Il étudia cette documentation et acquit ses solides convic­tions sur les causes profondes de la décadence de notre Civilisation chrétienne occidentale, sur l’o­rigine des crises, guerres, révolutions, tyrannies ravageant le monde, sur la racine des maux répan­dus par la Haute Finance et le Communisme.

After taking this position, Mr. Arcand found in his mail a growing flood of correspondence from overseas, in particular, Great Britain.  He studied this documentation and acquired a solid conviction on the deep causes of the decadence of our western Christian Civilization, on the origin of the crises, wars, revolutions and tyrannies ravaging the world, on the root of the evils being spread by High Finance and Communism.

En novembre 1929, dans les pages du Goglu et des autres journaux qu’il animait (Le Chameau et Le Miroir), M. Arcand avait suggéré l’idée d’organiser un vaste mouvement nationaliste.  C’est ainsi que quelques semaines plus tard, l’Ordre Patriotique des Goglus se mettait à fonctionner, et à diffuser la doctrine que M. Arcand avait élaborée.

In November 1929, in the pages of The Goglu and other papers he emceed, (Le Chameau and Le Miroir) (translation:  “The Camel” and “The Mirror”), Mr. Arcand suggested the idea of organizing a vast nationalist movement.  This is how, a few weeks later, the Patriotic Order of the Goglus went into operation, to spread the doctrine that Mr. Arcand had elaborated.

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Comme la tache de défendre notre Civilisation contre les assauts anti-chrétiens parut finalement à l’étroit dans le cadre d’un simple mouvement, M. Arcand fonda le Parti National Social Chrétien en octobre 1933.  C’était une amère déception pour plusieurs formations politiques traditionnelles, qui avaient tenté de l’amadouer et de l’attirer dans leurs rangs.

Since the task of defending our Civilization against anti-Christian assaults seemed finally in straits within the framework of a simple movement, Mr. Arcand founded the National Social Christian Party in October of 1933.  This was a bitter disappointment for a number of traditional political formations, who had tried to woo him and attract him into their ranks.

Le P.N.S.C. reprenait les idées de l’Ordre qui l’avait précédé, il prônait le corporatisme, la doctrine sociale de l’Eglise et participait au courant de droite qui traversait tout l’Occident, de l’Angleterre de Mosley à la Belgique de Degrelle, de l’Allemagne de Hitler à l’Italie de Mussolini.

The N.S.C.P. took up the ideas of the preceding Order, it advocated corporatism, the social doctrine of the Church and participated in the current of the right which crossed the West, from the England of Mosley to the Belgium of Degrelle, from Hitler’s Germany to Mussolini’s Italy.

Au bout de cinq ans, après que la nécessite de fusionner toutes les forces nationalistes de droite de notre pays se fît sentir, le Parti de l’Unité Nationale du Canada fut formé.  Réunis à Kingston le 1er juillet 1938, les représentants de huit formations politiques des différentes provinces canadiennes (seule la petite Ile-du-Prince-Edouard n’en n’avait pas) élirent Adrien Arcand, à l’unanimité, chef du nouveau parti.  M. Arcand ne voyait pas ce poste de chef comme son privilège exclusif, mais comme une obligation qu’il aurait volontiers confiée à un autre ; les circonstances firent qu’il le conserva jusqu’à sa mort.

At the end of five years, after the necessity made itself felt of merging all the nationalist forces of the right in our country, the National Unity Party of Canada was formed.  Meeting at Kingston on July 1st, 1938, the representatives of eight different Canadian provincial political formations (the tiny Prince Edward Island was not among them) elected Adrien Arcand, unanimously, as leader of the new party.  Mr. Arcand did not see this post of leader as his exclusive privilege, but as a duty he would voluntarily have entrusted to another; circumstances were such that he retained it until his death.

Parti d’envergure nationale, le P.U.N.C. rompait définitivement avec les maquignonnages politiques du passé.  Au Premier ministre fédéral R. B. Bennett qui lui avait offert le portefeuille de ministre du Travail en 1935, Adrien Arcand répondit que les partis “bleu” et “rouge” étaient appelés à disparaître et que l’humanité serait confrontée au choix de tomber sous la coupe du communisme ou de vivre libre sous un régime résolument anti-communiste.  Le P.U.N.C. incarnait l’option d’un Canada affranchi de la menace communiste. [1]

A party national in scope, the N.U.P.C. broke definitively with the astringent political jousting of the past.  To federal Prime Minister R. B. Bennett who had offered him the Minister of Labour portfolio in 1935, Adrien Arcand replied that “blue” and “red” parties were slated to disappear and that humanity would be confronted with the choice of being cut down by Communism or of living free under a resolutely anti-Communist regime.  The N.U.P.C. embodied the option of a Canada free from the Communist threat. [1]

C’est sous la bannière marquée du flambeau que

It was under the banner of the torch that

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[1]  Note du traducteur:  Il est vraiment dommage qu’Arcand n’ait jamais étudié le droit constitutionnel; il aurait pu apprendre que l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 empêche une prise de pouvoir communiste en vertu de son serment d’allégeance.  Les communistes ne peuvent pas siéger et voter des lois pour le Canada, parce que le système communiste qu’ils poursuivent renverserait le Parlement, qui est permanent.  La tentative d’Arcand de mettre en œuvre le corporatisme au lieu de la Confédération était aussi un coup d’État.  Si Arcand avait pris le portefeuille du travail, il aurait peut-être appris quelque chose au sujet de la Constitution et apporté des changements importants à l’intérieur du système, notamment en interdisant l’immigration fédérale de personnes non assimilables.

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[1]  Translator’s note:  It is really too bad that Arcand never studied constitutional law; he might have learned that the British North America Act of 1867 prevents a communist takeover by virtue of its oath of allegiance.  Communists cannot sit and vote laws for Canada, because the Communist system they pursue would overthrow the Parliament, which is permanent.  Arcand’s attempt to implement Corporatism instead of Confederation was also a coup d’état.  Had Arcand taken the Labour portfolio, he might have learned something about the Constitution and made some important changes from within the system, including barring the federal immigration of non-assimilating peoples.

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le P.U.N.C, par un recrutement intensif et de nombreuses assemblées, se préparait fébrilement aux élections qui approchaient, quand la guerre éclata en Europe en septembre 1939.  Cependant, plusieurs mois auparavant, M. Arcand l’avait prédite et avait expliqué qu’elle serait causée par les forces antichrétiennes, qui avaient intérêt à ce que les grandes nations occidentales, Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie, s’entre-déchirassent au profit du communisme international — ce qui est arrivé en fait.

the N.U.P.C., with intensive recruitment and numerous meetings, was feverishly preparing for the coming elections, when war broke out in Europe in September of 1939.  However, a few months earlier, Mr. Arcand had predicted it and had explained that it would be caused by antichristian forces, intending that the great western nations, Germany, France, Great Britain and Italy, tear each other to pieces to the advantage of international Communism — which in fact happened.

Face à ce cataclysme, Adrien Arcand manifestait sa fidélité indéfectible envers sa patrie.  Il offrit au gouvernement d’incorporer ses légionnaires au sein de l’Armée canedienne, ce qui lui fut refusé.  Et dès février 1939, ainsi que le rapportait un journal hostile au P.U.N.C., The Gazette, M. Arcand avait déclaré que les Canadiens français voudraient défendre la Grande-Bretagne si l’Italie l’attaquait injustement.

Faced with this cataclysm, Adrien Arcand demonstrated his unflinching loyalty to his country.  To the government, he offered to incorporate his legionnaires into the Canadian Army, which was declined.  And as of February 1939, as reported in a newspaper hostile to the N.U.P.C., The Gazette, Mr. Arcand had stated that the French Canadians would like to defend Great Britain if Italy attacked her unjustly.

Leader responsable, soucieux du sort des gens qui lui avaient fait confiance, il montra la même attitude, dans la guerre, que lors du conflit avec la direction de La Presse en 1929.  Il ordonna la suspension des activités du P.U.N.C. pour ne pas attirer les persécutions.  Dans le même esprit, il quitta ses fonctions à L’Illustration Nouvelle [1] pour ne pas que le journal subisse les foudres de la censure et soit contraint à fermer ses portes.  M. Arcand partit en vacances dans les Laurentides en septembre 1939 et ne revint faire un tour à la rédaction de L’Illustration Nouvelle que pour une occasion sociale, vêtu d’une chemise comme celles que l’on porte dans les bois — et les chemises de bûcheron n’étaient pas la mode à l’époque … Il serait utile de signaler ici qu’au plus fort de sa carrière politique, M. Arcand ne cessa jamais de pratiquer intensément sa profession, ce que lui permettait sa grande capacité de travail.  “C’était

A responsible leader, concerned with the welfare of those who had placed their confidence in him, he demonstrated the same attitude, in the war, as during the conflict with the management of La Presse in 1929.  He ordered suspension of the activities of the N.U.P.C. so as not to attract persecutions.  In the same spirit, he left his functions at L’Illustration Nouvelle 1 so the paper would not suffer the wrath of censure and be compelled to close its doors.  Mr. Arcand went on vacation in the Laurentians in September 1939 and only returned to the editorial department of L’Illustration Nouvelle for a social occasion, dressed in a shirt like those worn in the woods … and lumberjack shirts were not fashionable at the time … It would be needless to indicate here that at the height of his political career, Mr. Arcand never stopped practising his profession, which his great capacity for work allowed him to do.  “He was

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1  Note du traducteur:  L’Illustration Nouvelle fut un journal hebdomadaire.

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1  Translator’s note:  L’Illustration Nouvelle was a weekly newspaper.

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un — ce qu’on appelait dans le métier, à l’époque du moins — un “pondeur”.  C’était un bonhomme qui s’assoyait à sa machine à écrire, et puis qui pouvait taper durant des heures et des heures, toujours au même rythme …”  (J. Bourdon)  Pendant les années d’avant-guerre, M. Arcand dirigea Le Fasciste Canadien, Le Siffleux, Le Combat National, dont il rédigeait la quasi entièreté.  Et en plus de son travail régulier à L’Illustration Nouvelle, il trouvait encore le temps de collaborer à quelques autres publications.

— what was called in the field, at the time at least — a “producer”.  He was a guy who could sit at his typewriter and type for hours and hours, always at the same rhythm  (J. Bourdon)  Through the pre-war years, Mr. Arcand directed (translation:) The Canadian Fascist, The Groundhog, The National Combat, whose content he almost entirely wrote himself.  And in addition to his regular work at L’Illustration Nouvelle, he still found time to collaborate on several other publications.

Plus la guerre avançait et plus il était évident que les agents du bellicisme avaient le dernier mot contre ceux qui recherchaient à conclure une paix.  Quand la “drôle de guerre” tourna au désastre pour les Alliés, au printemps de 1940, un vent de panique souffla sur les pays du Commonwealth:  on sonna l’alerte à la “cinquième colonne nazie”.  Même L’Illustration Nouvelle, qui connut un remaniement de son administration le 15 février 1940, versa alors dans l’hystérie ambiante, invitant ses lecteurs à se procurer des étiquettes marquées du slogan :  “Soyons patriotes !  Protégeons-nous contre la 5e colonne”.

The more the war advanced, the more it was evident that the agents of belligerency had the last word against those who sought to conclude a peace.  When the “phoney war”* turned to disaster for the Allies, in the spring of 1940, a wind of panic blew across the countries of the Commonwealth:  the alarm was sounded for the “Nazi fifth column”.  Even L’Illustration Nouvelle, whose administration had been remodeled on February 15th, 1940, threw itself into the atmosphere of hysteria, inviting its readers to obtain labels marked with the slogan:  “Be patriots!  Protect us from the 5th column”.

Les boucs émissaires des défaites alliées estaient tout désignés:  les partis de droite nationalistes.  M. Arcand savait d’avance qu’on s’en prendrait à lui.  Hector Grenon écrit d’ailleurs :  “En silence les listes de suspects avaient été fort bien préparées et en apparence depuis assez long-temps.  On n’a fait à personne l’injure de l’oublier.” (Notre peuple découvre le sport de la politique, p. 111)

The scapegoats of the defeated Allies were all singled out:  the parties of the nationalist right.  Mr. Arcand knew in advance that he would be picked up.  Hector Grenon moreover wrote:  “In silence the lists of suspects had been extremely well prepared and this, apparently, for some long time.  Nobody has been insulted by being overlooked.”  (Translation:)  (Our people discover the sport of politics, p. 111)

M. Arcand aurait pu s’enfuir, mais ne l’a pas fait, car il n’avait strictement rien à se reprocher, comme ses adjoints politiques et ses adhérents.  C’est en invoquant des rumeurs sans fondement qu’on l’arrêta, rumeurs savamment répandues par les ennemis du P.O.N.C. dès avant la guerre.

Mr. Arcand could have fled, but he did not, because he had strictly nothing for which to reproach himself, as likewise his political adjuncts and his followers.  Citing baseless rumors, they arrested him, rumors skilfully spread by the enemies of the N.U.P.C. since before the war.

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Voici un exemple, concernant le chef des légions du P.U.N.C. :

Here’s one example, concerning the leader of the legions of the N.U.P.C. :

“Un hebdomadaire torontois, du nom de Hush, petite feuille à scandales, écrit un jour que le major Scott est un espion au service de l’Allemagne.  M. Scott réplique par une action en dommages et il a gain de cause, la Cour condamnant Hush à lui verser $2,000.  Cela n’empêchera pas le major Scott d’être interné, tout comme M. Arcand.”  (J. Bourdon, Montréal-Matin, son histoire, ses histoires, p. 92)

“A Toronto weekly, by the name of Hush, a little scandal sheet, wrote one day that Major Scott is a spy in the service of Germany.  Mr. Scott replied with an action in damages and he won, the Court sentencing Hush to pay him $2,000.  This did not prevent Major Scott from being interned, just like Mr. Arcand.”  (Translation:) (J. Bourdon, Montréal-Matin, its history, its stories, p. 92)

Adrien Arcand et Maurice Scott furent cueillis le même jour, le 30 mai 1940, alors que le premier séjournait à 60 milles de Montréal, dans les Laurentides, et le deuxième dans la ville même.  Encore une fois, les inculpés s’attendaient à avoir des ennuis, puisque le 23 précédent, les polices fédérale, provinciale et municipale avaient procédé à une série de perquisitions ; incidemment, c’est ce même jour que Sir Oswald Mosley, chef des fascistes anglais, était arrêté en Grande-Bretagne.

Adrien Arcand and Maurice Scott were picked up the same day, May 30th, 1940, when the former was visiting in the Laurentians 60 miles from Montreal, and the latter was in the city.  Once again, the accused expected to have trouble, since on the preceding 23rd, federal, provincial and municipal police had carried out a series of searches; incidentally, on this same day, Sir Oswald Mosley, leader of the English fascists, was arrested in Great Britain.

Pendant une enquête préliminaire sans queue ni têtee qui fut ajournée sine die (ce qui équivaut à un acquittement), l’interdiction du P.U.N.C. fut décrétée par un arrêté en conseil, le 4 juin.  à la suite de quoi, par effet rétroactif et sans procès, les dirigeants du P.U.N.C. furent expédiés au camp de concentration de Petawawa.

During a preliminary inquiry without tail or head which was adjourned since die (the equivalent of an acquittal), the N.U.P.C. was decreed illegal by Order in council on the 4th of June.  After which, with retroactive effect and without trial, the leaders of the N.U.P.C. were sent away to the Petawawa concentration camp.

Adrien Arcand subit l’épreuve stoïquement ; il sera privé do sa liberté pendant cinq ans et cinq semaines :  le plus long internement de cette sorte dans tout l’Empire britannique.

Adrien Arcand stoically endured the test ; he would be deprived of his liberty for five years and five weeks:  the longest internment of its kind in the whole British Empire.

Les camps de concentration canadiens n’ont jamais eu, heureusement, la rigueur du système d’extermination communiste de Sibérie, qui a causé la mort de plus de 60 millions de personnes depuis le triomphe du marxisme en Russie, en 1917.  Néanmoins, Petawawa et Frédéricton ne furent pas des lieux de villégiature pour les militants du P.U.N.C.

The Canadian concentration camps, happily, have never had the rigor of the Communist system of extermination in Siberia, which caused the death of more than 60 million persons since the triumph of Marxism in Russia, in 1917.  Nonetheless, Petawawa and Fredericton were no vacation stays for the militants of the N.U.P.C. —

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Adrien Arcand devant le Tribunal de L’Histoire : Scandale à la société Radio-Canada

Adrien Arcand before the Court of History:  Scandal at CBC Radio-Canada

les Germano-Canadiens, les Italo-Canadiens et les autres détenus qui s’y retrouvèrent.  Ils furent entassés dans des baraques, jusqu’à 85 prisonniers logeant dans des bâtiments d’une capacité de 48.  Il n’y avait aucune installation sanitaire, seulement deux grandes chaudières près des lits de camp.  Les baraques étaient construites d’un rang de planches clouées sur des poteaux.  Elles étaient mal chauffées :  par trois poêles qui rôtissaient les occupants les plus proches.  Les fenêtres étaient grillagées.  Après l’appel matinal, les détenus allaient aux travaux forcés, et s’ils refusaient, ils étaient relégués au cachot.  Dans le dos de chacun, il y avait un disque rouge.  Les installations avaient visiblement été improvisées, ce qui rendait la peine d’incarcération doublement insupportable.  La Croix-Rouge canadienne n’intervint jamais en faveur des Canadiens détenus dans ces camps, considérés qu’ils étaient comme des apatrides ; quand ces derniers voulurent donner leur sang, on osa même le refuser !  Seuls les Allemande partageaient leurs propres colis avec eux.

the Germano-Canadians, the Italo-Canadiens and the other detainees who found themselves there.  They were tossed into barracks, up to 85 prisoners lodging in buildings with a capacity of 48.  There were no sanitary installations, only two big cauldrons near the camp beds.  The barracks were constructed from a row of floors nailed to posts.  They were poorly heated:  by three stoves which roasted the occupants nearest.  After the morning wake-up, the detainees went to forced labor, and if they refused, they were locked in cells.  On the back of each (detainee), there was a red disc.  The installations visibly had been improvised, which made the pain of incarceration doubly intolerable.  The Canadian Red Cross never intervened in favor of the Canadian detainees in these camps, deeming them stateless.  When they wished to donate their blood, they were boldly refused!  Only the Germans shared their own packages with them.

Les détenus furent en butte à de nombreuses tracasseries, surtout pendant la période où Ernest Lapointe fut ministre de la Justice.  Les gardes taillaient en pièce les colis qu’ils pouvaient recevoir, supposant des activités d’espionnage carrément impossibles.  Un examen médical avait lieu tous les mois, et on devait s’y présenter flambant nu, comme si les hommes avaient été du bétail.  Au cours des 18 premiers mois de son internement, M. Arcand ne put recevoir la visite de son épouse ; quand cela devint possible, la conversation, sous la supervision d’un garde, se déroulait obligatoirement en anglais.  Les détenus qui ne parlaient pas l’anglais (ou leurs visiteurs) devaient demeurer silencieux.  Au même moment, la propagande de guerre criait aux Canadiens français qu’ils se battaient pour la liberté de parler leur langue, de

The detainees were the targets of endless harassment, above all when Ernest Lapointe was justice minister.  The guards carved to pieces those packages the prisoners were able to receive, supposing espionage activities that were utterly impossible.  A medical examination took place every month, and they had to present themselves butt naked as if men were cattle.  During the first eighteen months of his internment, Mr. Arcand was not allowed to see his wife; when this became possible, the conversation, under supervision of a guard, mandatorily transpired in English.  Detainees who did not speak English (or their visitors) had to stay silent.  At the same moment, war propaganda screamed to the French Canadians that they were fighting for the liberty to speak their language, to

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professer leur religion, etc.  Les imprimés distri­bués par le gouvernement canadien étaient principa­lement des revues américaines plus ou moins obscè­nes, tandis que “le gouvernement allemand faisait parvenir à ses détenus des livres de prières, lu­thériens ou catholiques, selon la religion du déte­nu.  Les livres étaient en beau papier et abondam­ment illustrés.”  (“Adrien Arcand n’a pas abandonné ses combats”, Almanach-Éclair 1956-57, p. 166)

profess their religion, etc.  The printed matter distributed by the Canadian government was primarily more or less obscene American magazines, whereas “the German government sent to its detainees prayer books, Lutheran or Catholic, according to the religion of the prisoner.  The books were of fine paper and profusely illustrated.”  (Translation:) (“Adrien Arcand has not abandoned his battles”, Almanach-Éclair 1956-57, p. 166)

Malgré l’injustice terrible dont il était victime avec ses camarades du parti, M. Arcand eut toujours une conduite exemplaire pendant son long internement.  Il s’efforçait de consoler les âmes désespérées, les innocents frappés par les erreurs judiciaires, les pères de famille nombreuse dont les épouses, considérées comme des “intouchables”, souffraient cruellement de l’absence de leurs maris.  Les inépuisables ressources spirituelles et morales de M. Arcand ont rescapé bien des prisonniers d’impasses suicidaires.  Il est même parvenu à convertir un pasteur protestant au catholicisme.  Il collabora avec les autorités pénitentiaires pour hâter la libération de plusieurs détenus.

In spite of the terrible injustice of which he and his party comrades were victims, Mr. Arcand’s conduct was always exemplary throughout his long internment.  He strove to comfort desperate souls, innocents felled by judicial errors, the fathers of large families whose wives, considered as “untouchables”, cruelly suffered the absence of their husbands.  The inexhaustible spiritual and moral resources of Mr. Arcand saved many a prisoner from a suicidal cul de sac.  He even managed to convert a Protestant pastor to Catholicism.  He collaborated with the penitentiary authorities to speed up the release of a number of detainees.

A sa sortie du camp de Frédéricton, M. Arcand établit sa résidence à Saint-Joseph-de-Lanoraie, village qui longe le Chemin du Roy à 40 milles au nord de Montréal.  Pour laver sa réputation de tout soupçon, M. Arcand voulut passer le test d’un procès, celui-là même qu’on avait promis de lui faire sans jamais l’intenter.  Sa requête fut rejeté.  Mais l’avocat de M. Arcand, Me Sa11uste Lavery, travailla encore le dossier; une poursuite de $3,500,000 fut dirigée contre le gouvernement fédéral, laquelle fut balayée du revers de la main, car “Sa Majesté ne peut se tromper”.

On leaving the camp at Fredericton, Mr. Arcand established his residence at Saint-Joseph-de-Lanoraie, a village skirting the Chemin du Roy 40 miles North of Montreal.  To clear his reputation of all suspicion, Mr. Arcand wanted to pass the test of a trial, the very one that had been promised to him but never instituted.  His motion was dismissed.  But Mr. Arcand’s lawyer, Maître Saluste Lavery, continued to work the file; a suit for $3,500,000 was directed against the federal government, which was backhandedly brushed off, because “His Majesty can do no wrong”.

Ensuite, M. Arcand reactiva le Parti de l’Unité Nationale du Canada.  Il fut candidat aux élections fédérales de 1949, dans la circonscription de Richelieu-Verchères.  À cette occasion, M. Arcand

Then, Mr. Arcand reactivated the National Unity Party of Canada.  He was a candidate in the federal elections of 1949, in the riding of Richelieu-Verchères.  On this occasion, Mr. Arcand

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fut banni des ondes de la radio d’Etat, comme il l’explique ici:

was banished from the air on State Radio, as he explains here:

Le demandeur (Adrien Arcand) allègue qu’en 1949, alors qu’il était candidat à l’élection fédé­rale générale, alors que Radio-Canada accordait gratuitement du temps à la radio de ses ondes à tous les candidats, même communistes, il fut refu­sé au demandeur non seulement du temps gratuit mais il lui fut refusé d’acheter moins d’une heu­re, distribuée en plusieurs émissions, pour la dif­fusion de son programme patriotique et chrétien, même au double du prix ordinaire, l’officiel de Ra­dio-Canada répondant que le nom du défendeur était le premier sur une liste noire de personnages in­terdits sur les ondes de Radio-Canada.”  (Manuscrit de M. Arcand, 1963)

“The applicant (Adrien Arcand) alleges that in 1949, when he was a candidate in the general federal elections, at which time Radio-Canada gave free radio air time to all the candidates, even Communists, the applicant was not only denied free time but he was denied the right to buy less than an hour, distributed over several broadcasts, to transmit his patriotic and Christian program, even at double the ordinary price, the Radio-Canada official replying that the applicant’s name was the first on a blacklist of personalities forbidden on the air of Radio-Canada.”   (Handwriting of Mr. Arcand, 1963)

M. Arcand fit une deuxième tentative pour entrer à la Chambre des Communes, en 1953, se présentant dans Berthier-Maskinongé-DeLanaudière.  La campagne du P.U.N.C. fut magnifique, inoubliable.  Cependant l’ennemi inonda la circonscription d’alcool, fourni par une distillerie sous contrôle sioniste, et M. Arcand dut s’avouer vaincu par une marge de 3000 voix.

Mr. Arcand tried a second time to enter the House of Commons, in 1953, running in Berthier-Maskinongé-DeLanaudière.  The N.U.P.C. campaign was magnificent, unforgettable.  However, the enemy inundated the riding with alcohol, provided by a distillery under Zionist control, and Mr. Arcand had to concede defeat by a margin of 3,000 votes.

Nullement décourage, M. Arcand se mit a publier un journal mensuel, L’Unité Nationale, à compter de décembre 1953.

In no way discouraged, Mr. Arcand set out to publish a monthly paper, L’Unité Nationale, as of December 1953.

H. Arcand continua simultanément ses multiples activités d’auteur, de journaliste, de chef politique et d’expert sur les problèmes mondiaux consulté de partout.  Mais sa santé avait été définitivement minée par son séjour en camp de concentration.  Il devint très malade et passa les derniers mois de sa vie retenu sur un lit d’hôpital.  Voici ses dernières paroles, recueillies à son chevet par notre chef actuel, M. Gérard Lanctôt :

Mr. Arcand simultaneously continued his many activities as an author, journalist, a political leader and expert on world problems consulted from all parts.  But his health had been permanently undermined by his stay in the concentration camp.  He became very sick and spent the last months of his life confined to a hospital bed.  Here are his last words, recorded at his bedside by our current leader, M. Gérard Lanctôt:

Soie fidèle à Dieu, soie fidèle à la Patrie, fidèle à la Famille … Ne te préoccupe pas de ce qui te tombera des-

Be true to God, be true to Country, true to Family … Don’t be concerned with what befalls you …

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Ne crains rien … Tu te sentiras parfois sur une mer houleuse … Tu te croiras précipité dans des précipices sans fond … Tu te sentiras peut-être seul … Ne lâche pas !

Fear nothing … You will sometimes feel you are on a stormy sea … You will think you have been thrown off a bottomless precipice … You may feel you are alone … Don’t give up!

Défends la Vérité, proclame-la, crie-la bien
haut!

Defend the Truth, proclaim it, shout it loud!

Dieu nous a donné le plus grand des biens, la vie … et il faut donner sa vie pour conserver sa
foi …

God has given us the greatest of possessions, life … and it is necessary to give one’s life in order to keep one’s faith …

Demande à Dieu de t’inspirer …

Ask God to inspire you …

La bataille est si belle … La Cause est si grande …

The battle is so beautiful … The Cause is so great …

Persévérez … Ne lâchez pas!!!”

Persevere … Do not give up!!!”

Adrien Arcand rendit son dernier souffle le premier août 1967.

Adrien Arcand rendered up his last breath on August 1st, 1967.

Réfléchissant sur la perte de ce grand Canadien, M. Lanctôt écrivit, dans la revue du parti :

Reflecting on the loss of this great Canadian, Mr. Lantôt wrote, in the Party review:

“Les journaux à sensation, pour vendre leur papier plus facilement, ont annoncé qu’il était mort oublié et qu’il haïssait les Juifs.  Ça donne du prestige d’abonder dans le sens du vent, et ça rapporte de la monnaie de répandre des faussetés.  Que M. Arcand les plaint ces gens-là, car ils ne savent pas ce qu’ils font.  Ceux qui sont conscients de leurs actes, il leur pardonne comme il l’a toujours fait à ceux qui lui causaient du mal.”

“The tabloids, to sell their papers more easily, have announced that he died forgotten and that he hated Jews.  Prestige is acquired by blowing in the same direction as the wind, and spreading lies makes money.  Mr. Arcand pitied these people, for they know not what they do.  Those who are conscious of their actions, he forgives them as he has always done to those who caused him harm.”

C’est faux qu’il est oublié.  Des milliers de Canadiens qui ont suivi ses enseignements ne l’ou­blieront jamais.  Ceux qui ont été ses compagnons d’infortune dans les prisons, les camps de concen­tration, dans sa lutte toute entière, ne l’oublient pas.  Ceux à qui il a rendu service par ses con­seils et qui font mine de l’oublier, par peur des Juifs, n’auront jamais la conscience tranquille, car son souvenir de bonté, de charité, de grandeur d’âme, de miséricorde, de mansuétude, d’amour du prochain, des services rendus, les hantera jusqu’à leur fin dernière.”(Serviam, 7-8/1967, p. 1)

It is untrue that he is forgotten.  Thousands of Canadians who have followed his teachings will never forget him.  Those who have been his companions in misfortune in the prisons, the concentration camps, throughout his whole battle, will never forget him.  Those to whom he has rendered service by his counsel and who pretend to forget him, out of fear of the Jews, will never have a clear conscience, for the memory of his kindness, his charity, his greatness of soul, his mercy, his gentleness, his love of his neighbor, his services rendered, will haunt them to the end.”  (Serviam, 7-8/1967, p. 1)

Si on a affabulé tant et tant sur les idées et

If they interminably fabricated concerning

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les activités politiques de M. Arcand, on ne s’est pas gêné non plus pour divulguer sur sa vie personnelle et lui inventer des traits de caractère, toujours afin de le diffamer.  Ainsi, un des protagonistes de 1’histoire “gauchisante” qu’on impose partout, le professeur René Durocher, a déjà prétendu à la radio qu’Adrien Arcand était un fourbe, un intrigant, qui savait se faufiler, qui savait manipuler, qui savait s’imposer.  Pour M. Durocher, Adrien Arcand était un véritable oiseau de proie s’abattant sur les gens, qui ne savaient pas toujours à quel point c’était un personnage compromettant ou dangereux …

the political ideas and activities of Mr. Arcand, nor did they hesitate to divulge his personal life and to invent character traits, always to defame him.  Thus, one of the champions of the “leftist” history that is dictated everywhere, Professor René Durocher, has already claimed on the radio that Adrian Arcand was a deceiver, an intriguer, who knew how to sneak, manipulate, impose.  For Mr. Durocher, Adrien Arcand was an out-and-out bird of prey swooping down on people who did not always know how compromising or dangerous he was …

Quel contraste entre ces interprétations calomnieuses et le souvenir laissé par M. Arcand chez ceux qui l’ont réellement côtoyé autrefois !  Lisons cette appréciation de M. Joseph Bourdon, son compagnon de travail :

What a contrast between the defamatory interpretations and the memory left by Mr. Arcand with those who really knew him!  Read this appreciation of Mr. Joseph Bourdon, his colleague at work:

“Comme journaliste, c’est sûrement l’un des meilleurs de sa génération.  Doué d’une mémoire encyclopédique, il peut écrire durant des heures.  D’ailleurs, il rédige seul tout le contenu d’un journal mensuel, organe du parti de l’Unité nationale.  Je le revois encore, dans son petit bureau, assis devant sa machine à écrire, et buvant régulièrement, chaque après-midi, sa tasse de thé qu’il fait venir du restaurant Gosselin.  S’il est un orateur fougueux dans ses assemblées, jamais il n’élève la voix à L’Illustration Nouvelle.  Quand il donne des directives — et c’est bien peu fréquent — il le fait toujours avec beaucoup de politesse et de délicatesse.  Il aime avoir des visiteurs et il ouvre la porte de son bureau à n’importe qui.  J’ai vu pénétrer des balayeurs de rue, des abbés, des médecins, des journalistes étrangers à qui il accordera tout son temps.  Ayant la responsabilité de l’heure de parution du journal, je m’inquiète parfois, devant ces visites interminables, de l’heure à laquelle il remettra son ou ses articles pour

As a journalist, he surely is one of the best of his generation.  Gifted with an encyclopedic memory, he can write for hours.  He alone writes all the content of a monthly paper, the organ of the National Unity party.  I see him still, in his little office, seated in front of his typewriter, and drinking his regular afternoon tea ordered from the Gosselin restaurant.  If he is a fiery orator in his assemblies, he never raises his voice at L’Illustration Nouvelle.  When he gives directives — which is very rare — he always does it with so much politeness and delicacy.  He loves to have visitors and he opens his office door to anyone.  I have seen street sweepers enter, abbots, doctors, foreign journalists to whom he will grant all his time.  Being responsible for the publication deadline of the paper, I am sometimes anxious, given these interminable visits, about when he will submit his article or articles for

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la page éditoriale, et même de temps à autre pour la première.  Cependant, infailliblement il remet sa copie à l’heure convenue.”  (J. Bourdon, Montréal-Matin,…, pp. 91-92)

the editorial page, and even from time to time for the front page.  Nonetheless, unfailingly, he handed in his copy at the agreed-upon time.”  (J. Bourdon, Montréal-Matin,…, pp. 91-92)

Interrogé sur sa première rencontre avec M. Arcand, M. Bourdon répondit :  “C’est très vague, c’est très vague … Parce qu’Adrien Arcand, premièrement, était un personnage effacé, c’était un grand modeste.  C’était même un — je vais le dire — un timide, n’est-ce pas ?”  Au sujet des motivations profondes de M. Arcand, M. Bourdon nous déclara:  “Il y avait une certaine mystique dans sa vie, et, selon moi, là, comme je l’ai connu, c’était également un grand chrétien.  Ca peut peut-être paraître étrange de dire ça, on vient de mentionner le mot mystique, mais c’était un grand chrétien. (…).”  (Serviam, 7-8/1982, pp. 3 et 4)

Questioned about his first meeting with Mr. Arcand, Mr. Bourdon replied:  “It’s very vague, it’s very vague … Because Adrien Arcand, first of all, was a self-effacing person, very unassuming.  He was even a — I am going to say it — timid, is that not so?  As to the deep motivations of Mr. Arcand, Mr. Bourdon tells us:  “There was a certain mystique in his life, and, in my view, as I knew him, he was also a great Christian.  It may seem strange to say that, the word mystique has just been used, but he was a great Christian. (…)”  (Serviam, 7-8/1982, pp. 3 and 4)

Cet homme racé, d’une énergie débordante, d’u­ne intelligence rare et d’une culture prodigieuse, a servi son idéal jusqu’au bout, malgré sa santé défaillante durant les dernières années, et en dé­pit de toutes les persécutions et des attentats perpétrés contre sa personne.  Les biens terres­tres ne l’intéressaient pas, et ce détachement su­blime demeure vraiment, selon tous ceux qu’il a si hautement inspirés, la preuve la plus tangible de sa sincérité, en ce monde dépravé par l’amour de l’argent.  Proclamer à la face de l’univers ce re­noncement extraordinaire est bien le plus grand hommage que ses disciples et amis puissent lui rendre.

This thoroughbred of a man, overflowing with energy, of rare intelligence and prodigious culture, served his ideal until the end, despite his failing health in the final years, and in spite of all the persecutions and attacks perpetrated against his person.  Earthly goods were of no interest to him, and therefore sublime detachment really remains the most tangible proof of his sincerity, according to all those whom he greatly inspired in this world depraved by the love of money.  To proclaim in the face of the universe this extraordinary renunciation is really the greatest homage that his disciples and his friends could pay to him.

Chaque fois que nous nous recueillons devant la tombe discrète où ADRIEN ARCAND repose, à Lanoraie, sa mémoire revit en nous, pleine de toute sa dignité, de toute sa vaillance, de toute sa foi.

Whenever we gather before the modest tomb where ADRIEN ARCAND rests, at Lanoraie, his memory lives in us again, filled with all his dignity, all his valour, and all his faith.

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* Admin: I am correcting an historical term. I had been translating “drôle de guerre” as “funny war”. The well known correct term in English is actually the “phoney war”. Updated 1 July 2019.

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